plasticienne

 

"La nuit est tout autour de nous.

Une obscurité au sein de laquelle existe tout ce qui est connu."

Robert Duncan, in L'ouverture du champ, ed. Corti, 2012

--

Je m’intéresse aux traces que nous laissons, celles de notre société.

Mon travail démarre à partir de l’objet trouvé, usagé ou déclassé, une matière "déjà-là" que j’actualise et mets en sculpture.


En combinant des techniques de prise d’empreinte [photographie, moulage] et d’assemblage [couper-monter-coller-superposer-réunir] je cherche à faire dialoguer, formes et contreformes, présence et absence, histoires proches et lointaines.

Anachronisme, sériel, fragment et rafistolage sont mes recours esthétiques pour interroger notre contemporénéité, tenter de «décaler notre vision de notre environnement et le remettre en question».

travaux récents

mises sous vue #1 + #2  [2020]

Mises sous vue  est une série ouverte de 42 bas-reliefs formés d’un assemblage de résidus imprimés de l’âge d’or du tourisme de masse et de moulages en plâtre 10 x 15 cm.


La façade blanche est une rémanence d’un modèle d’enveloppe à fenêtre et de la correspondance administrative. Le granulat réduit arbitrairement la visibilité de ce qui est dessous, comme un ajout qui soustrait. Les cartes postales photographiques apparaissent comme des vues tronquées et limitées de l’espace naturel soumis à la standardisation, à la consommation.

La façade enveloppante déborde, mute, grignotant d’avantage l’image au risque de l’occulter, comme pour questionner plus sensiblement l’anthropisation des espaces naturels [cf. #2].

La surface-motif est une métaphore, de la bétonisation des espaces côtiers et montagneux, qui nous renvoie à l’administration des espaces naturels et plus largement, à notre rapport individuel au paysage et au tourisme.
 

N.Y.C #2  [2002-2003]

:: série de 8 diapo-montages, 24x36mm ::

Réalisées durant un séjour au cœur de la mégalopole new-yorkaise, des diapositives sont assemblées avec des cartes postales anciennes d'édition européenne. Superpositions et imbrications mêlent les points de vue, les lieux, les temporalités.
Surviennent de nouvelles images qui jouent avec les notions de fabriqué et de réel nous invitant à questionner les images fabriquées par les médias, et notre compréhension de l'événement (11/09/2001).


> Textes

NYC#1  [2003-2004]

:: série de 7 diapomontages, 24x36mm ::

"Formées de mille manières,
elles s’élèvent dans les hauteurs,
et ne cessent dans leur course de se fondre
et de se transformer,
et de prendre les aspects les plus divers :
tels ces nuages que nous voyons parfois se rassembler dans les hauteurs du ciel et qui,
caressant l’air de leur vol,
en altèrent la sérénité."


Epicure, Lettres à Hérodote, 46, De Nat. Rer., IV, v. 129-135

poème  [2003]

correspondances  [2002]

femmes d'intérieur  [2002]

Photographies de magazines ou d’amateur sont collectées puis modifiées par le photocopieur noir et blanc pour créer des images anamorphosées, motifs d’un papier peint mural.
Effets de moirage, déformations et recadrages, les archétypes de la femme d’intérieur sont altérés. L’image semble se dissoudre mais demeure identifiable.
Le suranné questionne notre présent, et l’altération la survivance des clichés malgré leur déformation.

(c) 2020 caroline bron