plasticienne

 

"La nuit est tout autour de nous.

Une obscurité au sein de laquelle existe tout ce qui est connu."

Robert Duncan, in L'ouverture du champ, ed. Corti, 2012

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Objets d'un passé proche ou lointain de la société marchande, vernaculaires, photographiques, le résiduel déclassé ou usagé constitue ma matière première.

Un "déjà là" que j'actualise en combinant plusieurs façons de faire comme couper, monter, coller, mouler, emprunter, photo-graphier/copier, réunir.

En mettant-ensemble des reliquats de temporalités je cherche à donner forme à des anachronismes plus ou moins surgissants. Le suranné, le rafistolage ou l'empreinte sont mes principaux recours esthétiques pour commenter ou questionner notre contemporanéité.

Des "assemblages temporels" qui oscillent entre photographique, sculpture, parfois pictural et, plus récemment, participatif.

St Jean  [avril 2020]

mises sous vue #2  [2020]

«Mises sous vue #2» est une série de 48 bas-reliefs formés d’un assemblage de résidus imprimés de l’âge d’or du tourisme de masse et de moulages en plâtre 10x15cm.


La façade blanche est une rémanence d’un modèle d’enveloppe à fenêtre et de la correspondance administrative. Le granulat réduit arbitrairement la visibilité de ce qui est dessous, comme un ajout qui soustrait. Les cartes postales photographiques sont des vues tronquées et limitées d’un paysage soumis à la standardisation, à la consommation.


«Mises sous vue» est une métaphore de la bétonisation des espaces côtiers et montagneux. L’esthétique parcellaire interroge ici l’administration des espaces naturels, et plus largement, notre rapport au paysage et au tourisme.

mises sous vue #1  [2020]

communauté  [2019]

assemblages collectifs _1  [2019]

série #2  [2004-2005]

:: sans titre, 8 montages analogiques, 24x36mm ::

 

En manipulant le matériau photographique ou papier, l'objet du quotidien, industriel, amateur ou de collection, mon geste interroge le sens de ce qui est (déjà) là, fabriqué de toutes pièces.

Je questionne particulièrement la surface signifiante de l'image photographique, sa propension à ouvrir notre perception du monde tout en l'opacifiant (V. Flusser).


> Textes

série #1  [2003-2004]

:: série de 7 montages analogiques, 24x36mm ::

"Formées de mille manières,
elles s’élèvent dans les hauteurs,
et ne cessent dans leur course de se fondre
et de se transformer,
et de prendre les aspects les plus divers :
tels ces nuages que nous voyons parfois se rassembler dans les hauteurs du ciel et qui,
caressant l’air de leur vol,
en altèrent la sérénité."


Epicure, Lettres à Hérodote, 46, De Nat. Rer., IV, v. 129-135

poème  [2003]

correspondances  [2002]

femmes d'intérieur  [2002]

Photographies de magazines ou d'amateur sont collectées puis modifiées par le photocopieur noir et blanc pour créer images anamorphosées, motifs d'un papier peint mural.

Effets de moirage, déformations et recadrages, les archétypes de la femme d'intérieur sont altérés. L'image semble se dissoudre mais demeure identifiable.
Le suranné questionne notre présent, et l'altération la survivance des clichés malgré leur déformation.

(c) 2020 caroline bron